Médias, TV et désinformation

Publié le par bbsky network

Par simple réflexe, l'écran s'allume.
Que pourrait-on faire sans ELLE ?
On ne la remarque même plus, pourtant, ELLE est là...
On la critique, mais c'est plus fort que soi, on la regarde.
Qu'elle nous séduise ou nous répugne, ELLE attire notre regard...
Même si l'on ne veut pas en entendre parler et qu'on l'évite à tout prix, on nous parle d'ELLE...
ELLE prétend nous informer, ELLE nous ment.
ELLE veut nous distraire, ELLE nous abrutit.
ELLE dit nous cultiver, ELLE tente de nous anesthésier...

ELLE veut nous voler notre temps libre, ELLE n'a qu'un seul but : s'emparer de notre vie.


Aujourd'hui, la télévision est profondément ancrée dans les habitudes. Elle nous prend notre temps libre et revient dans toutes les discussions. Devenue la troisième occupation après le travail et le sommeil, on la regarde en moyenne trois heures chaque jour en France. De 4 à 7 ans, un enfant passe, par an, 820 heures à l'école et un millier devant la télé. De 8 à 14 ans, ils consacrent 900 heures à l'école et un millier devant la télé. De 8 à 16 ans, c'est le premier de leurs loisirs. En 1988, la moyenne d'écoute journalière était de 3h30 en France, 2h30 au Danemark et 5h30 aux Etats-Unis.(2) Les horaires de la vie sont rythmés par les émissions et les films. Pourtant, le petit écran prétend distraire, cultiver et informer, alors qu'il s'impose dans la vie de tout le monde afin de déverser sa masse de spots publicitaires, d'informations biaisées et de séries idiotes. On ne peut désormais que difficilement lui échapper sans passer pour un/-e attardé/-e, tant il est intégré dans la société d'aujourd'hui. On peut s'interroger sur l'ampleur d'un tel phénomène.


Le pouvoir de la télévision

La télévision est un outil incroyablement attrayant : on se retrouve face à l'écran par un simple geste et, grâce à la télécommande, très peu d'efforts sont nécessaires pour suivre les programmes. La bien connue passivité que l'on adopte face au poste de télé aplanit tous les obstacles à sa consommation. L'attrait qu'il exerce est bien supérieur à une autre activité car il y a stimulation à la fois visuelle et auditive, à la différence de l'écrit (presse, livre...) qui n'agit que sur le plan visuel, ou de la radio ou de la musique qui ne stimulent que l'auditif. La somme de l'image et du son crée un objet particulièrement captivant qui ne demande pas ou très peu de réflexion supplémentaire : une véritable fenêtre sur le monde est ouverte et il n'y a alors plus qu'à ingérer ce qu'il en sort. L'écrit ou la parole sont plus complexes et nécessitent un effort de réappropriation ; l'image est "donnée", elle gomme toute réflexion et frappe le spectateur. Accompagnée de paroles ou de mzusique, elle acquiert une charge émotive et peut amener une interprétation très différente en fonction des successions de plans ou des commentaires. Aucune véritable distance ne peut véritablement être prise par rapport à l'image choc. 


Non seulement la télévision enlève tout libre-arbitre à ses auditeurs, mais elle a de plus un rôle de régulateur, c'est un calmant extraordinaire efficace : on en oublie la vie quotidienne et ses problèmes à coups de pubs, de séries nulles, de films... au profit du rêve et de l'ailleurs. C'est la politique de l'autruche : de ce point de vue, elle fonctionne exactement comme une véritable drogue avec sa dépendance, l'évasion qu'elle procure... Il s'agit là d'un tranquillisant de masse. Elle détruit par ailleurs toute communication : des gens qui la regardent ensemble sont tous obnubilés par sa présence et ne se parlent quasiment pas, ce qui est spécialement le cas en famille, pendant les repas... De par sa consommation de masse, la télévision possède aujourd'hui un rôle social énorme.


La télévision légitime et convertit à la société à laquelle on veut vivre

On peut voir tous les jours militaires, politiciens, exploiteurs de tout poil à l'antenne, tous ayant leur temps de parole réservé afin d'exprimer leur vue sur le monde et l'attitude à adopter. A des milliers de morts est donnée la même importance qu'à des résultats sportifs (les massacres en Algérie en sont un récent exemple). On nous explique, sans laisser aucune possiblité de questionnement, le pourquoi et le comment de ce qui se passe sur le globe ("En raison des difficultés économiques, il faut faire ceci" est une formule plutôt récurrente qui ne place plus le questionnement au niveau de la primauté de l'économique sur les autres domaines de la vie, mais la considère comme acquise). La violence et la mort y sont banalisées : un enfant assiste à 7000 crimes par an sur le petit écran en France, et 15 000 aux Etats-Unis. On nous assomme d'images connues et répétées qui ne montrent que des gens ayant réussi DANS la vie, et non pas LEUR vie.

 

La publicité est devenue un phénomène d'une importance capitale. Les programmateurs s'alignent de plus en plus sur les demandes publicitaires, la durée des émissions en vient à être normalisée indépendamment de leur nécessité interne et le tronçonnage des émissions et films est désormais obligatoire. En 1990, 50 millions de consommateurs annonçait 13 heures de publicité par jour, chiffre qui s'est très certainement accru depuis. Etudiés et conçus dans les moindres détails, les spots publicitaires nous apprennent à consommer toujours plus. Les spécificités culturelles sont brisées par l'uniformisation de la marchandise, dont Coca-Cola, Mac Donald... sont les meilleurs symboles. On nous vante ici une vision idyllique des tropiques et on fait là-bas l'apologie de la société de consommation. Toutes les valeurs de la société d'aujourd'hui sont véhiculées à travers la publicité : sexisme évident et jeux sur la femme objet de désir, consommation à outrance, stéréotypes de manières de vivre (ou de cultures différentes de la culture occidentale)... Le matraquage effectué en telle quantité à travers un média aussi répandu a des répercussions énormes sur la vie d'aujourd'hui. La publicité est d'ailleurs la source d'argent qui fait vivre la télévision, et il est donc logique qu'elle véhicule désormais totalement l'idéologie de la consommation.

 

La publicité n'est malheureusement pas la seule à promouvoir une logique inégalitaire, et l'information qu'elle diffuse (la seule à laquelle accèdent la plupart des Français) n'est que très rarement remise en cause : qui n'a jamais entendu « c'est vrai, je l'ai vu à la télé », ce qui prouve l'image objective et impartiale qu'on lui prête.

 

Pas de véritable information

L'information manipulée par la télévision est immédiatement diffusée à grande échelle, monopolisée et réduite à ce qui est montré à l'écran. Jacques Ellul explicite très bien son pouvoir créateur et déformateur d'information : « Et sitôt que la télévision ne montre plus rien sur la question, il n'y a plus de question. C'est bien cela qui signifie que c'est la télévision elle-même qui est le message. La télévision ne communique pas d'information : l'information c'est ce que communique la télévision. » (3) Le choix même de ce qui est montré à l'écran est donc profondément déterminant, et ce choix revient aux journalistes qui sont eux-mêmes dépendants de ceux pour qui ils travaillent. TF1 est la propriété de Bouygues, ce qui ne peut pas être sans conséquence, et la nomination aux postes de dirigeant de chaînes de télévision se fait souvent à travers des interventions politiciennes. Un certain contrôle est déjà exercé de la sorte, une certaine censure invisible qui oriente déjà l'information dans une direction plutôt qu'une autre : des gens acquis à la classe dirigeante ne seront bien évidemment pas enclins à la remettre en question. La question des rapports incestueux entre journalistes et politiciens est bien montrée par Serge Halimi : « Et puisqu'il est d'abord question des rapports entre hommes politiques et journalistes, tout commence par un climat. Un salarié de TF1 le résume ainsi : « Les journalistes politiques souhaitent se mettre en valeur auprès des hommes de pouvoir, avoir des rapports d'amitié avec eux sous prétexte d'obtenir des informations. Mais cela les rend courtisans, ils ne font plus leur métier. Ils approchent le pouvoir et en sont contents parce qu'ils se sentent importants. Quand le ministre fend la foule et vient leur serrer la main, ça leur fait vraiment plaisir. Ils vont aussi en tirer de menus avantages : les PV qui sautent, une place en crèche pour les enfants, des appartements pas chers grâce à la ville de Paris... » On sait également, et il n'y a rien d'offensant à le rappeler, que cette proximité peut aller plus loin. » (4) Ce sont donc ces mêmes journalistes qui doivent décider de ce qui doit être montré de ce qui ne doit pas l'être, et c'est à travers leur point de vue qu'une importante majorité de la poulation assujettie à la télévision aura accès aux informations.

 

Le principe de sélection, subordonné à l'omniprésente loi de l'audimat, se doit de rechercher du spectaculaire et du sensationnel. Dans tous les sens du terme, la télévision appelle à la dramatisation : elle met en scène et accentue les événements. De la même manière, une image acquiert une grande partie de sa signification grâce à la légende qui l'accompagne, et les journalistes veulent en général donner du poids à leurs informations, et utilisent par conséquent des mots qui choquent, ce qui peut avoir d'énormes conséquences : parler de clandestin au lieu de sans-papiers épate plus, mais cela pose une très forte connotation péjorative, alors qu'il s'agit en général de gens à qui l'on a retiré leurs papiers suite à des lois postérieures à leur arrivée ; parler d'exclus de la société est fondamentalement différent de parler de rejetés ou d'expulsés, car s'il peut y avoir des rejeteurs ou des expulseurs, il n'y a pas "d'exclueurs", et les exclus le sont donc par eux-mêmes et non du fait de la société ; peut-on aussi confondre islamique et islamiste aussi couramment que cela est fait dans les journaux télévisés... La soif de l'extraordinaire amène à de trop nombreux dérapages, et les journalistes se retrouvent malgré eux à devoir rechercher ce qui est original, le scoop, ce qui engendre une uniformisation de l'information quand tous les médias cherchent à rendre en premier ce qui est sensationnel.

 

Ceci dérive inévitablement vers ce que Pierre Bourdieu nomme la « circulation circulaire de l'information » (5) : un temps incroyable est passé dans les comités de rédaction à comparer ce qui est fait dans d'autres journaux ou sur d'autres chaînes télévisées, et toute information est reprise, relancée un grand nombre de fois : il y a là un effet d'enfermement mental et d'uniformisation de la pensée qui est terrifiant. La pression de l'urgence qu'exerce par ailleurs l'audimat prend la forme d'une concurrence temporelle pour le scoop, entre les journaux et la télévision, les journaux, les télévisions... Tout ceci se traduit dans les faits par des choix d'informations à présenter et d'autres à occulter, et le temps est un facteur déterminant pour tout ce qui se montre à l'écran. Une relation particulière se développe alors entre la pensée et la vi


tesse, réduisant les analyses qui peuvent passer à la télévision à un temps très court. C'est le développement du prêt-à-penser et des fast-thinkers, penseurs dans l'urgence comme les appellent Pierre Bourdieu et Noam Chomsky (6). A l'écran sont privilégiés les arguments du sens commun qui sont immédiatement recevables, à l'opposé de la pensée véritable, par nature subversive, qui demande de démonter les idées reçues afin de démontrer véritablement. Le fast-food culturel que propose la télévision ne permet non seulement pas d'entendre de véritables raisonnements construits, mais en plus elle détruit et s'oppose au développement d'une pensée propre à chacun : il s'agit là ni plus ni moins que de lobotomisation. Quant aux pseudo-débats organisés sur les

plateaux d'antennes, ils opposent généralement deux "penseurs" qui ne sont opposés qu'en apparence, car en vérité tous deux ardents défenseurs de la pensée unique, qui ne se contrediront que sur des détails mineurs et n'aborderont jamais l'idée même d'une remise en cause plus générale : Alain Minc et Attali, Ferry et Finkelkraut, Serge July et Philippe Alexandre chez Christine Ockrent, ou leur parodie par les guignols, en sont le condensé le plus exemplaire.


Une désinformation continue

Pour plus de trois quarts des Français, la seule source d'information est la petit écran avec ses émissions et surtout ses journaux télévisés. Média largement considéré comme objectif, la télévision a une influence considérable, au point même de créer parfois de l'information là où il n'y en a pas forcément, comme on a pu le voir précédemment.

 
Le discours pro-nucléaire est aujourd'hui le seul qui apparaisse à l'écran, où on peut voir des "spécialistes" répondre de l'absolue sécurité de la question. Entre les publicités qui montrent le nucléaire comme énergie équivalente à une autre et

totalement inoffensive, la désinformation constante, soit parce que l'on n'en parle pas, soit par véritable parti pris, on ne laisse pas véritablement le choix au téléspectateur de s'interroger sur le bien-fondé du tout nucléaire que poursuit la France, ni sur la nécessité des 56 réacteurs nucléaires qui parsèment le territoire à l'heure actuelle, ni sur la question des déchets nucléaires, qui n'a pour l'instant aucune solution véritable (les déchets retraités à La Hague en sortent suffisamment radioactifs pour être toujours considérés comme déchets nucléaires, mais sont malgré tout actuellement jetés à la mer). La désinformation suite à l'accident de Tchernobyl a été, de ce point de vue-là, exemplaire.

 

En décembre 1989, le cas d'écolequ'est devenu le traitement médiatique de la révolution roumaine, a jeté sur la place publique l'incapacité de la télévision à effectuer un travail d'information objectif. Du 20 au 25 décembre 1989, suite à la chute du régime de Nicolae Ceaucescu en Roumanie, la télévision montre des images chocs de la révolution qui se déroule : combats et tirs de chars, charnier de Timisoara... Le 25 et 26 décembre sont annoncés plus de 70 000 morts. On sait aujourd'hui que le nombre de morts s'élève à 689, que le charnier de Timisoara n'était qu'une fosse commune destinée aux gens les plus pauvres et datant d'avant la révolution, que les images des combats étaient celles diffusées par la télévision roumaine et reprises sans scrupules par les chaînes françaises, montrant ainsi les seuls combats de tout le pays, qui ont cessé très rapidement, et que les images les plus poignantes qui avaient été montrées (femme et son bébé dans le charnier, homme torturé suspendu par les pieds... n'étaient en réalité que le résultat de la fougue des journalistes qui s'étaient emportés : la femme était morte d'une cirrhose et le bébé n'était pas le sien, l'homme était attaché par les pieds car il avait été trouvé coincé dans une canalisation d'égout et que les pompiers n'avaient rien trouvé d'autre que de le tirer par les pieds pour l'en faire sortir). La véritable mascarade médiatique qui a accompagné la fin du régime de Ceaucescu a été relayée partout en ce mois de décembre 1989, et il a fallu quelque temps pour que des contre-informations puissent apparaître.

 

De la même manière, la guerre du Golfe a été le prétexte d'une totale désinformation en 1991. Les grandes puissances réagissent suite à l'invasion du Koweit en 1990 afin d'aller sauvegarder leurs intérêts et lancent un ultimatum pour la mi-janvier 1991 à Saddam Hussein. Des journalistes en quête de scoop aux télévisions avides d'audience, c'est une véritable fiction médiatique qui est mise en place : il fallait montrer les forces comme à peu près équivalentes pour qu'il y ait un minimum de suspens donc d'audimat, alors que l'armée irakienne n'avait aucun moyen de se défendre véritablement face aux pays alliés contre elle ; l'idée d'une guerre propre et sans bavures a d'ailleurs émergé. L'armée américaine, qui contrôlait totalement le déplacement des médias sur place, connaissant le pouvoir de la télévision (encore plus aux Etats-Unis), n'autorisait pas les journalistes à se rendre sur les zones de combat. Coincés dans l'engrenage de l'information à tout prix, les journalistes avouent ensuite : « La pression de l'antenne était telle que nous n'avions plus le temps d'aller aux sources de l'information. La logique aurait voulu qu'on fasse un break et qu'on aille chercher la confirmation de ce qu'on disait, mais nous avons été tous pris dans le tourbillon de ces premiers directs » (Jean-Luc Mano de TF1). Ceci a donné lieu à un nombre incroyable de dérapages : sur CNN le 16 janvier « Il se passe quelque chose ici à Bagdad. Le ciel est rempli de zébrures blanches, c'est beau comme un feu d'artifice » en évoquant les bombardements américains, sur Antenne 2, H. Sannier à C. Enderlin « Charles, où sont donc passés les missiles ? » « Ecoutez Henri, je n'en sais vraiment rien ! », un expert militaire sur France Inter « Ce que je peux vous dire, c'est que de prochaines attaques de missiles irakiens sur Israël, il y en aura ou il n'y en aura pas », George Bush le 31 janvier « Nous affrontons le Mal pour l'amour du Bien » (7)... Une véritable fiction s'est développée durant la guerre du Golfe : celle d'une guerre où les gentils Occidentaux et les méchants Irakiens s'affrontaient en force à peu près égale, celle d'une guerre moderne et propre. La guerre du Golfe a été le théâtre d'une véritable boucherie : civils et militaires irakiens ont été bombardés sans aucune retenue, et rien n'a pu transparaître dans les journaux télévisés ou dans la presse. 


Qu'il s'agisse du parti pris face aux grèves, manifestations (qui sont généralement montrées sous un jour totalement différent de ce qui est revendiqué, comme lorsqu'un usager qui ne peut pas prendre son train est interrogé pendant une grève SNCF au lieu de montrer quelles sont les véritables revendications), de la propension à diffuser le délire sécuritaire (comme a pu le faire un documentaire sur les Brigades Anti-Criminalité, ou tout simplement un journal info qui dramatise des événements en banlieues pour montrer comme inévitable le flicage de plus en plus intensif), ou de l'oubli de régions entières du globe tant qu'il ne s'y passe pas d'événements extraordinaires (les journaux télévisés sont particulièrement muets quant à l'Amérique latine, l'Afrique ou certains pays du sud-est asiatique, alors que les peuples sous le joug de dictatures ou privés de leurs droits humains fondamentaux y sont nombreux), la désinformation télévisée est un fait avéré, qui infléchit les opinions et pensées de plusieurs millions de personnes chaque jour en France. L'accès égal à l'information, que l'on serait en droit d'attendre pour tous au sein d'une démocratie, ne semble être que poudre aux yeux. De là à dire qu'il n'y a pas véritablement démocratie...

 

Télévision, dehors!

J. Baudrillard estime « [qu']il est inutile [...] de fantasmer le détournement policier de la TV par le pouvoir. La TV, c'est par sa présence même, le contrôle chez soi. Pas besoin de l'imaginer comme périscope espion du régime dans la vie privée de chacun, puisqu'elle est mieux que cela : elle est la certitude que les gens ne se parlent plus, qu'ils sont définitivement isolés face à une parole sans réponse » (. Sans même aborder le danger que peut représenter une dose de rayonnement ionisant similaire à celle du petit écran en grande quantité tous les jours, la télévision atteint son objectif en lobotomisant la majeure partie de la population mondiale, car cet instrument s'est répandu comme une traînée de poudre en très peu d'années, et touche aujourd'hui quasiment toute la surface du globe. Le suivi de la coupe du monde de football l'été dernier a permis de réduire les dernières régions récalcitrantes. Outil de génocide culturel (comme il est utilisé actuellement en Guyane française pour soumettre les indiens), le petit écran apporte sa dose de fumier dans notre esprit chaque jour. Clef de voûte du système actuel sans laquelle la misère ne pourrait pas être tant ignorée, il faut remettre la télévision à sa véritable place et la dénoncer en tant qu'instrument de pérennisation des inégalités sociales et de destruction des identités culturelles sous le rouleau compresseur de la société de consommation. Bannir la télévision hors de nos vies est indispensable pour retrouver une dimension humaine à nos rapports sociaux et pour qu'un avenir meilleur puisse être au moins imaginé. Eliminer la télévision ne signifie pas détruire l'outil audiovisuel, mais lui redonner une place dans une société à dimension humaine, comme celle que devrait avoir la lecture ou la musique. REFUSONS LA PEINE CATHODIQUE A PERPETUITE !!!

 

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